CATHY BURGHI /// Corps Etrangers


Cathy Burghi débute sa carrière par la peinture et le dessin, où déambulent des femmes ensanglantées, des corps hybrides et des modules habitables abstraits. Sur la toile et le papier, elle donne forme à un univers où cohabitent l’expérience féminine, une poésie intime, une réflexion sur l’exil et sur l’appartenance. Innocence et cruauté s’articulent autour d’une conception personnelle de la féminité et du refuge. Ainsi, Cathy Burghi traite de la maternité, de la douleur et du déchirement animés par les passions humaines, elle interroge aussi l’idée de maison et d’abri. Ses dessins contiennent une certaine brutalité, non pas dans la forme, qui elle est empreinte d’une finesse et d’une subtilité piquante, mais dans ce qu’ils traduisent. Une brutalité qui va peu à peu s’estomper au fil de ses broderies. Grâce à l’aiguille, les femmes de Cathy Burghi sortent du support, les points leur une nouvelle vitalité. L’artiste tâtonne et bouscule son identité de femme, ainsi que son propre déracinement.

Les photographies extraites des séries Miss Terre et Cachée dans la Forêt traduisent sa recherche sur la perte de soi, le sentiment d’être une étrangère partout, les difficultés d’appartenir à un nouveau territoire et de s’éloigner du point de départ. Cathy Burghi se met en scène et incarne toutes ces interrogations induites par son statut d’exilée, de femme en quête d’identité. Vêtue de blanc, son visage est occulté par un amas globuleux, des œufs blancs symbolisant la virginité et la maternité. Vêtue de rouge et de noir, elle se fait guerrière. Armée d’un râteau et d’une bêche, elle se tient prête au combat. Un combat personnel et troublant, une recherche de Soi. Seule dans la forêt, lieu de tous les possibles, à la fois fascinant et inquiétant, elle aspire à la construction sereine d’une nouvelle étape. Elle est connectée au sol, à la terre, déterminée à reconstruire son univers dans cet ailleurs. En ce sens, la notion de foyer est récurrente dans ses dessins figurant des modules hybrides où s’active un tiraillement entre le monde de l’enfance et la rudesse de l’âge adulte. Un balancement est ressenti entre deux pôles, deux sensibilités qui s’affrontent et s’interpellent. L’artiste développe plastiquement le concept d’habitations modulables et de formes hybrides : humaines, animales et végétales. Le corps de la femme est imbriqué aux architectures informes. Le combat se poursuit. Il s’agit pour elle se trouver sa place, de se l’approprier pour finalement transcender les interrogations liées à l’identité, aux racines et au manque.

Julie Crenn.

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Dans le cadre de la Journée Internationale des Femmes, la Maison de l’UNESCO présente une exposition de femmes artistes dont Cathy Burghi fait partie ! L’exposition ouvre ses portes aujourd’hui et se termine le 16 mars. Plus d’informations : http://www.unesco.org/new/fr/no_cache/unesco/events/unesco-house/?tx_browser_pi1%5Bplugin%5D=54773&tx_browser_pi1%5BshowUid%5D=5776&cHash=4aeb639cc7

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