LEXIQUES ANATOMIQUES /// ALFONSE DAGADA


Gesso, stylo bille vert, encres de couleur sur papier aquarelle, 105 x 75 cm. Crédits photo : Rémi Vimont.

Les invités s’enfuient avec des cris de terreur, louvoyant entre les pendus et culbutant à terre les poumons d’acier.

Festin Nu, William Burroughs (1959)

 Alfonse Dagada dessine, peint, découpe, agrafe, troue, pointe, détoure, évide. Ses choix techniques tiennent compte du rapport qui existe entre le corps, l’outil et les matériaux. S’il utilise Internet comme une source dans laquelle il pioche, trie et extrait des images, il montre aussi les limites des outils technologiques et numériques qui excluent l’expérience corporelle, la sensualité ou le rapport réel à autrui. « Je réagis à l’omniprésence actuelle de la technologie numérique en mettant en évidence ce qu’elle ne permet pas ou ne procure pas. » Le travail de la matière, le contact avec les instruments et les possibilités imprévisibles qui en découlent sont les aspects primordiaux de sa pratique plastique. Depuis 2002, le jeune artiste s’attache à une réflexion compulsive et obsessionnelle sur les corps, notamment le corps féminin. Agacé et intrigué par la prolifération d’images formatées, lisses et artificielles dans la publicité, les journaux et sur les écrans, Alfonse Dagada souhaite revenir au charnel, à la chair et l’imperfection des corps.

Démanteler les Corps.

 Son exploration plastique débute par une observation quasi médicale, chirurgicale des corps, puisqu’il s’intéresse à tout ce qui se cache sous la peau. Organes disséqués, dessins scientifiques, entrailles sont ses modèles pour la composition de la série Anatomies (2002-2009). Formée de neuf dessins détourés et pliables, Anatomies nous révèlent les intérieurs, le dedans, et non plus l’extérieur, le dehors des corps. Le caractère physique et organique du travail d’Alfonse Dagada prend tout son sens et son essence. De plus, la violence qui émane des traits tracés au stylo bille, de la découpe au cutter et des assemblages agrafés, trouve une résonance avec le milieu médical. L’artiste ausculte, trace, ouvre, copie et articule le vital, et non pas le fabriqué. Une dichotomie s’installe alors entre le biologique et le culturel, le corps réel et le corps façonné par la société phallocommerciale. Le dessin permet à l’artiste de questionner notre rapport aux images extraites d’un déferlement infini, mais aussi nos attentes, notre aveuglement et ce qu’elles peuvent générer culturellement et sociologiquement.

Chaque dessin de la série Anatomies est réutilisé, réinterprété depuis 2009. Alfonse Dagada procède en effet à l’élaboration de wall drawings où les images de corps issus des medias fusionnent avec les organes extraits et détourés. Il impose ainsi une collision entre le dedans et le dehors, l’essence et le factice, le réel et le fantasme. La série Women, établie de manière parallèle, provient d’une imagerie érotico-médiatique que l’artiste réinterprète, redimensionne et resitue dans l’espace. Des femmes dénudées, des positions fortement suggestives, des formes plastiques extrêmement généreuses etc. Ce sont des images qui nous entourent quotidiennement. Elles proviennent essentiellement d’Internet, elles sont donc accessibles, disponibles aux yeux de tous. Alfonse Dagada examine les différents modes de diffusion d’une imagerie qui est le reflet direct des dérives de notre société. Des dérives liées à la surconsommation, la surcommunication, l’industrialisation des corps, où l’humain est broyé, voire annihilé.  « Je montre, je décris avec crudité des scènes de sexe explicites par delà le bien et le mal, le bon ou le mauvais goût. Je suis même plutôt fasciné par l’efficacité avec laquelle ces images que j’interroge se diffusent. Je fais le constat de l’exploitation industrielle des tendances voyeuristes et exhibitionnistes dans nos sociétés. Je crois que la radicalisation de cette tendance va de pair avec la radicalisation du marché.» La diffusion de corps parfaits et érotisés répond à une demande, celle du consommateur. Le marché, toujours plus avide de profits, ne fait que répondre à un besoin, qu’il soit réel ou factice. Avec ses crayons de couleurs, ses encres et sa paire de ciseaux, Alfonse Dagada ralentit la cadence d’un système devenu hystérique. Son trait vigoureux, brutal, permet une réinterprétation et une déconstruction des stratégies média-commerciales où les images ne sont que de passage. Leurs durées de vies sont précaires, éphémères, tandis que les dessins, collages et peintures nous donnent le temps de penser aux flux d’images, aux dérives qui les accompagnent et à notre propre responsabilité dans cette mécanique libidino-mercantile.

Wall drawing, stylo bille, crayons et encres de couleur, gesso, acrylique, encre de Chine, agrafes, attaches parisiennes et colle thermofusible sur papier et carton découpé, 262 x 249 cm, Dagada Wall Drawing Tour 2011, Atelier 217, Boulogne-sur-mer, mai 2011. Crédits photo : Rémi Vimont.

Un rapport peut être établi avec le travail de Ghada Amer qui brode des images de femmes nues adoptant des positions suggestives, sensuelles et érotiques. Si Ghada Amer extrait ses images de revues traditionnellement réservées à la gente masculine, Alfonse Dagada, lui, utilise Internet. Dès les années 1980, l’artiste féministe détourne et déplace sur la toile une iconographie réservée aux hommes. En répétant de manière quasi obsessive ces corps débridés, Ghada Amer procède à une déconstruction d’une représentation stéréotypée des femmes. Alfonse Dagada poursuit en quelques sortes la réflexion de l’artiste égyptienne. Il questionne non seulement les codes visuels mais aussi nos rapports face à ce type d’images. Sans juger leur contenu, il s’approprie un vocabulaire lisse, commercial et superficiel, adaptés aux fantasmes et aux désirs des lecteurs/voyeurs. Il retient également la dimension artisanale imposée par Ghada Amer. Les deux artistes, avec leurs aiguilles, crayons et ciseaux, procèdent à un renversement des codes : l’éphémère devient pérenne, l’invisible devient visible, les mouvements sont ralentis. Les stratégies visuelles sont démantelées pour laisser place à une distance critique et un engagement personnel.

Alfonse Dagada se délecte des gestes primitifs qui favorisent les accidents. Des traits vigoureux, des actions irréversibles et violentes. Il annule ainsi la dissension qui existe entre les techniques artistiques traditionnelles (Beaux-arts) et les techniques artisanales, voire du bricolage. Un statut d’artiste-bricoleur assumé et revendiqué. Depuis 2010, il expérimente une série intitulée Séquences qui reprend la technique originelle du dessin animé. Sur un rouleau de papier aquarelle, images dessinées par images dessinées, le mouvement est lentement décomposé. Elles sont à contre temps, à contre courant. Il produit ainsi ce qu’il appelle « un cinéma low tech aux moyens bricolés et à la fragilité revendiquée ».

Copier, Agrafer, Assembler

Depuis une dizaine d’année, Alfonse Dagada élabore progressivement un répertoire iconographique exclusivement basé sur le corps, l’anatomie, la sexualité et les images préfabriquées par les medias. Un répertoire personnel et complexe qui s’affranchit sciemment des modèles et prescriptions marchandes. Constructions (2004- in progress)  résultent de son attention et de son travail de restitution des images policées. Ici, il n’est question de copier, mais de tracer de mémoire. L’artiste fait appel à une imagerie mentale et à son inconscient pour ainsi libérer son répertoire et laisser une porte ouverte à un imaginaire débridé. En cela, une corrélation peut être établie avec le mouvement surréaliste. Nous retrouvons la violence, l’érotisme, la dislocation des corps, la brutalité et l’attrait organique des œuvres d’artistes comme Antonin Artaud, Pablo Picasso, Hans Bellmer ou encore Pierre Molinier.

D’un point de vue technique, les Constructions d’Alfonse Dagada s’apparentent aux Cadavres Exquis surréalistes. Ces dessins réalisés à plusieurs mains, fusionnent objets et corps extraits de l’inconscient. Le premier dessine une forme, la feuille est ensuite pliée afin que le second dessinateur ne puisse pas voir la forme initiale, ainsi de suite. Le résultat final est chaque fois inédit et surprenant. Alfonse Dagada s’inspire de cette méthode qui favorise les associations, intellectuelles et formelles, qui émanent de l’inconscient. Des combinaisons débridées et spontanées, au sein desquelles le corps fragmenté entre en symbiose avec l’objet. L’artiste pioche dans ses différents travaux afin de leur donner de nouvelles significations, de nouvelles destinations. L’anthropomorphisme, cher aux surréalistes, est présent dans chacun de ses dessins : rencontre fortuite entre une machine à coudre, une chaise et un sexe masculin. La technique employée engendre des formes monstrueuses, déconcertantes et fantasmagoriques.

Crédits photo : Rémi Vimont.

Il en est de même pour la production de ses wall drawings qui prennent depuis 2009 une place majeure dans sa pratique. Il investit l’espace avec des dessins découpés, arrachés, agrafés, pointés, ficelés et superposés. Les séries Anatomies, Women et Constructions sont combinées dans un même espace. Grâce à une technique basée sur le principe de la greffe, chaque dessin trouve ainsi un nouvel écho. Une élaboration qui prend une forme performative (Dagada Wall Drawing Tour, 2011). L’artiste précise : « L’accrochage tend vers l’installation, constituant une sorte d’environnement d’images mentales dans lequel le spectateur est impliqué aussi bien physiquement que psychiquement. » Espace, dessin et performance s’associent. Une fois de plus, le caractère artisanal et la confrontation directe avec la matière, le papier est véritablement sculpté, amplifient l’accident et l’imprévisible qui font partie intégrante de l’œuvre. L’immédiateté et le contenu des images sources sont déconstruits, redimensionnés et mis à distance par l’artiste. Il est à noter que la réalisation est aussi importante que le résultat final puisque l’artiste procède à une véritable mise en scène du processus de création.

Alfonse Dagada extrait et interroge des images policées, déshumanisées. Il prône un retour au réel, où imperfection, inattendu et engagement radical interagissent. Une interaction traduisant l’unicité de chacun, diluée par un système industriel visuel surpeuplé de corps dévalués. Des corps à la commande, en accord avec les fantasmes et les pulsions d’un public insatiable. Des corps qui ont perdu leur raison et leur sens au travers de flux où le néant règne. Une tension est convoquée entre deux discours et deux formes techniques. Entre le caractère commercial des images et leur adaptation réfléchie. Entre la facilité numérique et la brutalité technique retenue par l’artiste. Ce dernier jongle avec les registres de lectures, les codes de représentation et le caractère psychosociologique des images qu’il s’approprie. Alfonse Dagada nous amène à une prise de conscience de notre environnement visuel, qui, s’il n’est pas dévié, nous éloigne de plus en plus de la réalité. Une réalité qui nous fait défaut.

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Plus d’informations ici : http://www.alfonsedagada.fr/

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Anatomical Lexicon – Alfonse Dagada

“The guests flee screaming, dodge among the hanged boys, overturn iron lungs.”

Naked Lunch, William Burroughs (1959)

 Alfonse Dagada draws, paints, cuts out, staples, makes holes, jabs, deep etches and hollows out. His choice of technique takes account of the relationship between body, tool and materials. While using the Internet for sourcing images, dipping into it, selecting and extracting, he also demonstrates the limitations of technological and digital tools that remove all possibility of experiencing something with one’s body, of sensuality and real contact with another person. “I react to the omnipresence of digital technology today by showing what it cannot do or attain.” Exploring the medium, the physical contact with tools and the unpredictable possibilities resulting from them are all essential elements of Dagada’s artistic practice. Since 2002, he has been pursuing a compulsive, obsessional study of bodies, especially female bodies. Irritated yet intrigued by the proliferation of smooth, artificial, formatted images that appear in advertisements, newspapers and on screens, Alfonse Dagada has been seeking a return to the carnal, to flesh and blood and the imperfections of real bodies.

Dismantling Bodies

 He began by exploring bodies in a quasi-medical fashion, fascinated by everything hiding beneath the surface of the skin. Dissected organs, scientific drawings and innards were his models for his series Anatomies (2002-2009). Consisting of nine deep-etched drawings that can be folded away, Anatomies depict the interiors or insides of bodies rather than their exteriors or outsides. The physical, organic nature of Alfonse Dagada’s work provides its meaning and essence. And the violence emanating from his lines drawn in ballpoint pen, his Stanley-knife cut outs and his stapled compositions has a medical ring to it. The artist examines, draws, opens, copies and pieces together the living, not the man-made, creating a dichotomy between the organic and the cultural, between real bodies and those shaped by our phallo-commercial society. Drawing enables him to question our relationship with the never-ending flood of images, as well as our expectations and blinded vision, and their cultural and social implications.

Since 2009, every drawing in the Anatomies series has been re-used and reinterpreted. Alfonse Dagada creates wall drawings where images of bodies taken from the media merge with cut-outs of organs. The result is an imposed collision between inside and out, between the essence of something and the artificial, the real and the imagined. The Women series, created in the same way, uses erotic, mediatised imagery which the artist reinterprets on different scales and puts back on display. They depict the voluptuous bodies of naked women in highly suggestive poses – images that are all around us, everyday, taken, for the most part, from the Internet, therefore readily available to everybody. Alfonse Dagada looks at different ways of diffusing images that directly reflect the dissipation of our society – a dissipation linked to over-consumption, over-communication and the industrialisation of the body, that crushes, if not annihilates humans. “I show or crudely describe explicitly sexual scenes that are beyond good and bad, or good and bad taste. In fact I’m fascinated by the ease with which these images which I’m studying propagate. I observe the way in which industry exploits the voyeuristic, exhibitionistic tendencies in our society. I believe that the radicalisation of this tendency goes hand in hand with the radicalisation of the market.” The propagation of perfect, eroticised bodies meets a demand, that of the consumer. The market, ever greedier for profit, is only meeting a need, whether real or imagined. Alfonse Dagada uses colour pencils, inks and scissors to slow the pace of a system that has become hysterical. His bold, brutal strokes reinterpret and deconstruct media and business strategies with images that are only transitory. Their lifespan is precarious and ephemeral, whereas his drawings, collages and paintings give us time to reflect upon the flow of images, the dissipation that accompanies them and our own responsibility within this libidinous and mercantile mechanical process.

This work is not dissimilar to that of Egyptian artist Ghada Amer who also embroiders sensual, erotic images of naked women in suggestive positions. But while she gleans her images from magazines traditionally aimed at men, Alfonse Dagada uses the Internet. Since the 1980s, theNew Yorkbased feminist artist has been appropriating and shifting essentially male iconography across her canvases, deconstructing a stereotypical depiction of women in a quasi-obsessive repetition of unbridled bodies. Alfonse Dagada takes a similar approach, not only examining visual codes but also our reactions in the face of such images. Without passing judgment on their content, he employs a smooth, commercial and entirely superficial vocabulary tailored to the fantasies and desires of readers/spectators. Like Ghada Amer, he also chooses to give his work a similar artisanal dimension. With little more than needles, crayons and scissors, both artists stand conventional codes on end, making the ephemeral perennial, the invisible visible, and depicting motion in slow-motion. Visual strategies are dismantled, giving way to critical detachment and personal commitment.

Alfonse Dagada delights in primitive gestures that produce unforeseen results – bold strokes or irreversible, violent actions that banish the existing dissension between traditional artistic techniques (the Fine Arts) and artisanal, or DIY, techniques. Indeed, he proudly assumes the role of DIY-artist. Since 2010, he has been experimenting with a series entitled Séquences which employs the original technique used for graphic novels, slowly breaking down movement into an infinite series of images painstakingly reproduced on a roll of watercolour paper. These images are out of keeping with their time, against the tide, resulting in what he refers to as “low-tech cinema produced with DIY methods that is consciously fragile”.

Copying, Stapling, Assembling

Over the past decade, Alfonse Dagada has gradually been building up an iconographic repertoire based exclusively on the body, the anatomy, sexuality and images prefabricated by the media – a highly personal and complex repertoire that deliberately diverges from commercial models and specifications. Constructions (a work in progress since 2004) is the result of the artist’s immense diligence and effort to reproduce formatted images. This is not a question of copying, but rather of drawing from memory. The artist draws upon his mental imagery and subconscious in order to liberate his repertoire, leaving the door open to unbridled imagination. In this respect, his work is similar to that of the Surrealists. It has a similar violence, eroticism, bodily dislocation, brutality and organic attraction as the work of Antonin Artaud, Pablo Picasso, Hans Bellmer and even Pierre Molinier.

From a technical viewpoint, Dagada’s Constructions resemble the Surrealists’ Cadavres Exquis. The latter, drawings made by several pairs of hands, combine objects and bodies drawn from the subconscious. One person draws a shape and folds the sheet of paper so that the next person cannot see the first shape, and so on. The end result is always new and unexpected. Alfonse Dagada looks to this method that encourages intellectual and stylistic associations emanating from the subconscious – unbridled, spontaneous associations in the midst of which the fragmented body becomes one with the object. The artist dips into various of his works, giving them new meaning and purpose. The anthropomorphism so dear to the Surrealists is found in each of his drawings – the fortuitous encounter between a sewing machine, a chair and a penis – while the technique employed engenders monstrous, disconcerting, phantasmagoric forms.

The same goes for the production of his wall drawings that, since 2009, have formed a major part of his artistic output. He fills space with drawings that are cut-out, torn, stapled, opened, strung together and superimposed. The Anatomies, Women and Constructions series inhabit the same space. Thanks to a technique based upon the principle of grafting, each drawing has an echo – one that assumes the form of a performance (Dagada Wall Drawing Tour, 2011). In the artist’s own words: “The hanging is like an installation, a sort of setting full of mental images in which the spectator is implicated both physically and mentally.” Space, drawing and performance join forces. Once again, the artisanal aspect of the work and the direct confrontation with the medium, paper, that is as if sculpted, heighten the element of chance and unpredictability that are integral to the work. The immediacy and content of the source images are deconstructed, re-sized and placed at a distance by the artist. The actual realisation is as important as the final result, for the artist undertakes the staging of the creative process itself.

Alfonse Dagada abstracts and interpellates formatted, dehumanised images. He preaches a return to reality, where imperfection, the unexpected and radical commitment interact. This approach reveals the uniqueness of each and every one of us, tempered by an industrialised system that is highly visual, riddled with bodies that have lost their value – bodies that are made-to-order, according to the fantasies and impulses of an insatiable public. Bodies that have lost all reason and meaning in a process where nothingness reigns. A tension is established between two views and two technical forms, between the commercial nature of the images and their considered adaptation, between the ease of digital reproduction and the artist’s technical brutality. Alfonse Dagada juggles with the different levels of interpretation, representational codes and psycho-sociological natures of the images he appropriates. He makes us aware of our visual environment, which, if not deflected, will continue to lead us ever further from reality. A reality that currently fails us.

Julie Crenn

(Translated by Philippa Richmond)

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